On assiste depuis plusieurs années à une remise en cause croissante des modes de coordination entre les groupes sociaux et leurs représentants. Des nouveaux modes de prise de décision collective, appuyés par les citoyens, les élus et les experts, voient le jour. Il s’agit, entre autres, de la consultation, la concertation et la participation.

Ces concepts font référence à la démocratie délibérative dérivée de la philosophie de J.Hebermas, selon laquelle « la légitimité démocratique repose sur l’accord d’individus dotés de capacités de rationalité, placés dans un rapport d’intersubjectivité et désireux de parvenir au consensus par la discussion », cette philosophie vise la valorisation du débat et de la négociation, l’inclusion d’une pluralité d’acteurs, l’attention aux procédures et la recherche d’un consentement.

En premier lieu, un aperçu sur le vocabulaire et le sens que donne la linguistique à ces concepts peut nous éclairer davantage. « Consulter » cela signifie demander un avis ou un conseil à quelqu’un, sans s’engager à en tenir compte ; « se concerter » veut dire s’entendre ou se mettre d’accord avec une ou plusieurs personnes pour agir communément ou ensemble et « participer » renvoi vers une signification d’avoir part ou de prendre part à faire quelque chose.

L’action de consulter ou la consultation vise à recueillir, préalablement à la décision, l’avis des acteurs, individuels ou représentants de collectifs, leurs opinions et points de vue sur un quelconque sujet, elle consiste le plus souvent à les faire s’exprimer séparément sur ce qu’ils pensent d’une situation ; ces acteurs ne participent pas en commun à la prise de décision mais, grâce à leurs apports, ils éclairent les décideurs dans leur prise de position. On peut la définir aussi comme étant un recueil organisé d’informations ascendantes, à destination du pouvoir, quelque soit son degré, qu’il s’agisse d’une obligation légale tel les enquêtes publiques pour les projets d’aménagement ou facultatives comme les questionnaires d’enquêtes …etc.

La concertation, quant à elle, est un processus de dialogue dont le but est de parvenir à des propositions acceptées par toutes les parties impliquées ; sa visée ne se limite pas à un simple recueil d’informations et échange d’arguments, mais tend à rechercher un accord entre les acteurs en vue d’une prise de décision ultérieure.

La participation consiste à donner un rôle à chacun des acteurs (individuels ou représentants) dans une prise de décision affectant l’ensemble, elle tend à les placer dans la situation de quelqu’un qui peut s’exprimer et l’implique d’une manière active dans l’élaboration de la décision ; toutes les parties prises de cette action contribuent directement à la prise de position. Généralement, on fait appel à la participation lorsqu’il d’agit des décisions concernant certaines catégories d’acteurs en priorités (employés, citoyens…etc.).

Si la consultation est une démarche ponctuelle et sporadique car elle se résume à un répertoire d’avis et d’informations, elle est bien distinguée de la concertation qui suppose la confrontation, l’échange d’arguments, l’explicitation des points de vue et le contact régulier entre les acteurs afin d’arriver à plusieurs à un accord ou à une solution ; néanmoins la participation va au-delà de cet échange et implique personnellement chaque partie prise dans un processus d’élaboration et de fabrication de la décision.

Sur une échelle ascendante d’EMPOWERMENT, nous pouvons classer ces trois concepts en commençant par la consultation suivie de la concertation et à un degré plus élevé se place la participation.

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